Airbus – Toulouse : débrayages contre la baisse des primes12/05/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/05/P14-1_Debrayage_Airbus_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C148%2C539%2C452_crop_detail.jpg2026-05-12

Dans les entreprises

Airbus – Toulouse : débrayages contre la baisse des primes

Le soir du mercredi 6 mai, plusieurs centaines d’ouvriers d’Airbus, à Toulouse, ont débrayé spontanément en réaction à l’annonce du montant de la prime de participation.

Illustration - débrayages contre la baisse des primes

Cette prime, plus de deux fois inférieure à celle de l’année dernière, est vécue comme une provocation. D’autant plus qu’elle est régulièrement mise en avant par la direction comme un élément de compensation de la stagnation des salaires, qui ont augmenté de seulement 0,9 % cette année, ou 30 euros brut mini pour les plus petits d’entre eux.

Quelques heures après l’annonce, la mobilisation a débuté d’elle-même sur les chaînes d’assemblage de l’A350, et elle s’est rapidement étendue à d’autres secteurs, au Delivery Center, à l’A330 et sur plusieurs chaînes de l’usine Saint- Éloi. Au Delivery, une quarantaine de travailleurs ont quitté leur poste et se sont regroupés à l’extérieur pour discuter pendant une demi-heure. À Saint-Éloi, une vingtaine d’ouvriers sur la chaîne de l’A320neo ont arrêté le travail pendant plus d’une heure. Le lendemain à 9 heures, des rassemblements ont eu lieu sur tous les sites mais encadrés cette fois-ci par le syndicat patronal FO qui se plaçait comme porte-parole de la mobilisation afin de canaliser cette colère. D’autres débrayages se sont produits sur les sites de Saint-Martin, notamment sur la chaîne A350 où près d’une centaine de travailleurs se sont regroupés sous les fenêtres de la direction locale.

« On est en colère. Après toute une année à nous demander des efforts, la direction se moque de nous ! » expliquait un travailleur à Saint-Éloi. « Les actionnaires se gavent, alors que pour nous, tout augmente. Et ce n’est pas seulement l’essence : c’est aussi le gaz, l’électricité… ». Alors que les salariés subissent la hausse de prix de plein fouet, Airbus a à nouveau engrangé des bénéfices record en 2025 (5,2 milliards d’euros) et multiplie les annonces de commandes historiques.

Cette colère doit être l’occasion de discuter de ce qu’il manque sur la feuille de paye sans attendre que les syndicats le fassent. Si les prix augmentent, les salaires doivent suivre !

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