Assurances : les casseurs ne sont pas ceux qu’on croit07/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_2997-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Assurances : les casseurs ne sont pas ceux qu’on croit

Le gouvernement a déposé un amendement au projet de budget, dont la discussion reprend, qui imposerait aux assurances une taxe « casseurs ». Il s’agirait de les forcer à inclure dans leurs contrats le risque d’émeute.

Cette taxe « casseurs « serait instaurée sur tous les contrats habitation, auto et entreprises, afin d’abonder un fonds de mutualisation dans lequel piocher en cas de besoin, un peu comme pour le régime de catastrophe naturelle. Les assureurs ont aussitôt réagi en dénonçant l’État, incapable de garantir le maintien de l’ordre et faisant payer son incompétence aux autres. Le gouvernement, de son côté, joue au protecteur des collectivités, qui ont de plus en plus de mal à s’assurer auprès des compagnies d’assurances, à l’activité pourtant très rentable : les principales ont engrangé 18,1 milliards d’euros de profits en 2024.

Les assureurs d’un côté et l’État de l’autre se renvoient aussi la balle. L’État voudrait se décharger du coût des reconstructions après des émeutes ou des révoltes, comme celles qui ont eu lieu en Nouvelle-Calédonie par exemple, ou bien en métropole après l’assassinat de Nahel en 2023. D’ailleurs, une clause de l’amendement exonère l’État de sa responsabilité dans d’éventuelles émeutes. Les compagnies d’assurances, de leur côté, redoutent une mesure qui pourrait écorner leurs profits. Néanmoins, si elles étaient contraintes d’accepter le dispositif, elles pourraient toujours augmenter les cotisations et se payer sur les assurés, et si l’État devait payer, il le ferait avec l’argent public quitte à augmenter les impôts des travailleurs.

Émeutes ou catastrophes naturelles, les profits des assureurs sont incassables.

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