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- Lutte ouvrière n°3015
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Dans les entreprises
Biogroup – Le Mans : des travailleurs en colère
Le 4 mai, dans le cadre de la grève des laboratoires, une bonne vingtaine de salariés de Biogroup se sont retrouvés devant le site du Pôle santé Sud, au Mans, pour dénoncer leurs conditions de travail et exiger des augmentations de salaires.

La mobilisation a été suffisamment suivie pour entraîner la fermeture de plusieurs antennes du groupe dans le département : Allonnes, Coulaines, Jaurès, Le Lude et Écommoy. Les revendications portent d’abord sur les salaires, les trois quarts des salariés étant payés au smic ou à peine au-dessus. Avec l’inflation qui repart et le coût de la vie qui explose, notamment celui des carburants, beaucoup n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois. Dans le même temps, les conditions de travail se dégradent avec des équipes sous pression, une charge de travail en hausse, des plannings imposés pour faire tourner les laboratoires au moindre coût et, en conséquence, des démissions et des burn-out.
Pour tenter d’empêcher la grève, la direction a réquisitionné une trentaine de salariés. Elle est même allée au domicile de certains pour les sommer de venir travailler, tandis que d’autres ont été interceptés à la sortie de leur formation les jours précédents. Dans un message adressé aux différentes structures du groupe, la direction a cherché à dissuader les salariés de faire grève, les accusant d’irresponsabilité dans un contexte de crise internationale. Mais, pour les travailleurs, ce qui est irresponsable, c’est d’ignorer leurs conditions de travail et de refuser d’augmenter les salaires alors que beaucoup n’arrivent plus à en vivre correctement.
La direction met en avant les contraintes financières du secteur, notamment les baisses tarifaires imposées par la Sécurité sociale. Mais les salariés soulignent que les laboratoires vivent de ces financements publics et que l’argent rentre à chaque acte grâce à leur travail, tandis que leurs salaires restent bloqués depuis 2024. Et, pendant que ceux-ci stagnent, les chiffres d’affaires progressent et les dividendes continuent à être versés. De quoi susciter la colère de salariés à qui l’on demande toujours plus.