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Leur société
Contre la vie chère : quelle mobilisation ?
Face à la flambée des prix, et d’abord ceux du carburant qui frappent durement tous ceux qui utilisent chaque jour leur véhicule pour aller travailler, l’idée de « reprendre les ronds points » est dans l’air.

Ici ou là, d’anciens Gilets jaunes se sont retrouvés le 12 septembre sur un rond-point. Des dates circulent sur les réseaux sociaux, en particulier celle du 17 octobre qui évoque « l’acte I » de la mobilisation du 17 novembre 2018. À la différence de ce qui s’est passé à cette époque, plusieurs dirigeants politiques se disent déjà solidaires d’une telle mobilisation encore potentielle.
Le mouvement des Gilets jaunes, déclenché il y a huit ans en dehors des syndicats et des partis politiques, avait mobilisé des centaines de milliers de femmes et d’hommes pendant des mois. Il a marqué les classes populaires, à la fois par sa spontanéité, sa détermination et sa durée mais aussi du fait de son échec souvent attribué à la répression violente mise en œuvre par Macron et son Premier ministre d’alors, Édouard Philippe.
Aujourd’hui, les raisons de se mobiliser sont encore plus nombreuses qu’en 2018. On ne peut que souhaiter que des millions de travailleurs, actifs ou retraités, trouvent le courage et la volonté de s’organiser et d’agir. Mais il faut aussi tirer les leçons de l’échec du mouvement de 2018-2019.
Pour être efficace la mobilisation ne doit pas être dirigée seulement contre le gouvernement ou contre Macron mais, aussi et surtout, contre le grand patronat. Face aux prix qui flambent, non seulement à la pompe mais aussi dans les supermarchés, sur la facture de gaz ou d’électricité ou concernant le logement, il faut arracher une augmentation des salaires et des pensions. Ceux qui ont le véritable pouvoir, ceux qui imposent les hausses de prix et bloquent les salaires sont les capitalistes, les Total, les Auchan ou les Danone, alors que les locataires de Matignon ou l’Élysée ne sont que leurs complices. Et pour les faire reculer, la force des travailleurs, ceux qui font tourner toute la société, n’est ni sur les ronds-points ni devant les préfectures ou l’Élysée, elle est dans les entreprises. Car c’est là qu’ils sont rassemblés chaque jour et qu’ils fabriquent les profits des capitalistes.
À l’heure où une nouvelle mobilisation est dans l’air, il est vital de discuter partout, des objectifs, des revendications et des moyens d’action à mettre en avant.