Corée du Sud : mourir pour le détroit d’Ormuz ? 16/09/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/09/une_3033-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg 2026-09-16

Dans le monde

Corée du Sud : mourir pour le détroit d’Ormuz ?

Le gouvernement sud-coréen s’apprête à envoyer des soldats dans le détroit d’Ormuz. À l’initiative du président du parti démocrate, Lee Jae-myung, qui s’est présenté comme le rempart face à l’ancien président qui avait tenté un coup d’État en décembre 2024.

Officiellement il ne s’agit, pour l’instant, que d’envoyer des avions patrouilleurs maritimes, des équipes de déminage ou des navires de ravitaillement. Mais en matière de guerre, la façon dont elle commence ne dit jamais comment elle va finir.

Sur ce sujet, voici des extraits de l’éditorial daté du 9 septembre des bulletins d’entreprise de nos camarades sud-coréens du groupe de Séoul Nodeongja Tujaeng (Lutte ouvrière):

[...]Lors de la guerre d’agression américaine au Vietnam, la Corée du Sud avait également commencé par un « soutien non combattant », avant d’envoyer des unités de combat, ce qui avait finalement coûté la vie à plus de 5 000 jeunes Coréens. Lors du déploiement en Irak en 2003, ce sont d’abord des « soldats non combattants » qui ont été envoyés. L’envoi de troupes non combattantes a toujours constitué la première étape menant à l’envoi de troupes de combat. […]

Ces derniers temps, les États-Unis ont considérablement intensifié leurs pressions sur la Corée du Sud, tant sur le plan militaire qu’économique. Trump a réitéré ses demandes de déploiement dans le détroit d’Ormuz et a même indirectement exigé que la Corée du Sud vende à l’Ukraine son missile intercepteur national Cheongung-2. De plus, le secrétaire américain au Commerce a menacé Samsung Electronics et SK Hynix, leur déclarant : « Si vous ne produisez pas aux États- Unis, préparez-vous à payer des droits de douane. » En novembre dernier, les États-Unis avaient déjà contraint la Corée du Sud à investir 350 milliards de dollars sous la menace ; aujourd’hui, ils lui présentent une nouvelle facture. […]

Pour autant, il ne faut pas considérer le gouvernement de Lee Jae-myung comme une simple victime des pressions de l’impérialisme américain. Si la pression américaine en faveur d’un déploiement de troupes constitue le contexte direct, ce gouvernement veut lui aussi s’impliquer dans la guerre d’agression américaine au profit de la classe capitaliste sud- coréenne. Il s’agit de garantir un approvisionnement stable en pétrole brut et en matières premières via le détroit d’Ormuz afin d’assurer le bon fonctionnement de l’économie des capitalistes, et de permettre aux capitaux des secteurs de la défense, de la construction navale et des semi-conducteurs de faire des profits grâce à l’économie des États- Unis ! Ce que le gouvernement Lee Jae-myung appelle « l’intérêt national » n’est en fin de compte que « l’intérêt de la classe capitaliste sud-coréenne », et ce qu’il appelle « la diplomatie pragmatique » revient, au nom des intérêts des capitalistes, à envoyer des jeunes, pour la plupart futurs ouvriers, servir de chair à canon. […]

Le fait que des informations concrètes sur l’envoi de troupes aient fuité, lors du remaniement ministériel du 30 août, après la nomination au poste de ministre de la Défense d’un ancien général du Commandement des forces combinées Corée-États-Unis est très révélateur. L’ennemi principal est bien dans notre propre pays !

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