Croix-Saint-Simon : bientôt bradée au privé ?05/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3014-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-05-05

Dans les entreprises

Croix-Saint-Simon : bientôt bradée au privé ?

L’annonce brutale de la cessation d’activité de toutes les structures de la Fondation Œuvre de la Croix-Saint-Simon a choqué les 1 800 salariés menacés de perdre leur emploi, et tous ceux qui ont recours à ses soins hospitaliers et sociaux de qualité, majoritairement dans l’est parisien.

Créée en 1906 par Marie de Miribel, une infirmière touchée par la misère de la population ouvrière du 20° arrondissement de Paris et le manque de soins qui en découlait, la Fondation s’est élargie au fil des ans, suivant des principes de bientraitance et de gratuité, pour compter actuellement 66 structures. Nul doute que la plupart de celles-ci vont être convoitées par le secteur privé. Ainsi sont menacés de disparaître à Paris ou d’être repris en pièces détachées dès l’automne : deux centres de santé, les services de soins palliatifs, deux Ehpad, un poste d’hospitalisation à domicile, 32 crèches qui s’ajoutent aux différents centres de protection de l’enfance et des mères, etc. Et si tous ceux liés à l’apprentissage des métiers de la santé, dont une école d’infirmières, n’ont pas de repreneur, quelle possibilité sera alors offerte aux étudiants de finir leur parcours et, surtout, à quel prix ?

Un plan de redressement portant sur la seule cessation d’activité des crèches, proposé en novembre dernier, avait été refusé par les administrateurs, sous prétexte que la Fondation affichait 12 millions d’euros de déficit qu’elle serait incapable de rembourser. Que pèsent 12 millions, quand une compagnie pétrolière peut annoncer presque 6 milliards de bénéfices au 1er trimestre grâce à la guerre ? Et puis ce déficit provient essentiellement d’une hausse des charges et d’une baisse des aides de l’État depuis le Covid. Pour rembourser la dette dont il est en grande partie responsable, celui-ci pourrait donc facilement trouver les ressources, pour peu qu’il en ait la volonté. Et surtout, la santé n’a pas à être « rentable », alors que la politique du gouvernement est au contraire de faire des économies en s’attaquant aux hôpitaux publics et à des centres de soins indispensables tels que ceux de la Croix-Saint-Simon.

La colère des salariés ainsi que le soutien des parisiens ont commencé à se faire entendre et doivent continuer à le faire pour protester contre la mainmise que des profiteurs veulent exercer sur des services publics vitaux.

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