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- Lutte ouvrière n°3014
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Dans les entreprises
Durisotti et Klégé – Pas-de-Calais : la mobilisation continue
Les entreprises automobile Klégé à Bapaume et Durisotti à Sallaumines, dans le Pas-de-Calais, ont été rachetées ces dernières années par le groupe GTE Automotive, détenu par la famille multimillionnaire Desprez.
Lundi 27 avril, la direction a annoncé que Durisotti se déclarait en cessation de paiement et que les salaires d’avril ne seraient pas payés en temps voulu. Elle va vers un redressement judiciaire qui entrainerait au moins 60 suppressions d’emploi. Mais à terme, ce sont les 255 familles de salariés qui sont menacées.
Après avoir promis la lune, soit 2 000 créations d’emplois pour des bus « décarbonés », les patrons de GTE Automotive ont montré leur vrai visage, en interrompant la production, en n’honorant pas les commandes, en ne payant pas les factures… mais en empochant 6 millions d’aides publiques.
Face aux annonces de la direction, la colère a explosé. La centaine de salariés rassemblés de nouveau devant l’usine est montée dans les bureaux pour réclamer haut et fort leur paie en temps et en heure. La direction a alors fait venir la patronne, Marie Desprez, pour discourir et essayer de convaincre qu’un plan social était nécessaire. « Vous proposez un plan avec 60 licenciements, nous on en propose juste deux : vous et votre mari », a répondu un ouvrier.
Au passage, les salariés ont appris de la bouche de la patronne que l’entreprise a bien été rachetée pour un euro symbolique en échange du remboursement des dettes, ce que la direction cachait jusqu’à présent. Les dettes étant encore là et les investissements promis n’étant jamais arrivés, cela signifie que ces patrons millionnaires n’ont pas mis un sou dans l’entreprise.
Réunis deux jours plus tard, avec les collègues de Klégé, les salariés ont discuté et décidé ensemble des revendications et moyens d’action. Les ouvriers sont unanimes : la famille Desprez, 400e fortune de France, a cassé l’entreprise, à elle de payer et elle en a les moyens.
Le 1er mai, les salariés de Klégé et Durisotti ont de nouveau manifesté côte à côte pour dire qu’ils n’acceptent pas d’être plongés dans l’angoisse. La mobilisation va continuer pour obliger la famille Desprez à payer.