- Accueil
- Lutte ouvrière n°3015
- Durisotti – Sallaumines : qui casse doit payer !
Dans les entreprises
Durisotti – Sallaumines : qui casse doit payer !
L’entreprise de transformation de véhicules Durisotti, à Sallaumines, dans le Pas-de-Calais, a été mise en redressement judiciaire à la demande des patrons.
Mercredi 6 mai, une cinquantaine de salariés avaient fait une « haie du déshonneur » pour accueillir la patronne devant le tribunal par des huées.
La direction y a présenté un plan avec 60 licenciements sur les 160 salariés qui restent. Mais depuis que sa holding, GTE Automotive, a repris Durisotti il y a deux ans, la production n’a pas redémarré malgré 6 millions d’aides publiques et un carnet de commandes plein. Alors, personne parmi les salariés ne croit à ses nouveaux plans.
La mobilisation, depuis mars, a mis en cause les aides publiques, ce qui a obligé les responsables politiques à s’exprimer. L’ancienne ministre de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, s’est sentie obligée de dire à la radio : « Je suis comme vous, et comme la CGT, je veux savoir où est parti l’argent. » Selon Xavier Bertrand, le président de la région (qui a donné 1,5 million), « il faut qu’ils [les dirigeants] arrêtent de mener en bateau les salariés, les collectivités locales et l’État ». Mais évidemment, derrière ces mots, il n’y a aucun acte : les pouvoirs publics n’ont rien entrepris pour demander des comptes ou récupérer l’argent donné aveuglément à la famille Desprez, 400e fortune de France.
Lundi 11 mai, la direction a fermé l’entreprise, et les salariés se sont retrouvés de nouveau en assemblée générale à une centaine, devant les grilles, pour discuter des prochaines actions. Ils ont voté de mettre la pression sur les pouvoirs publics et notamment sur la région et Xavier Bertrand. Deux manifestations étaient prévues à Arras et Lille dans les dix prochains jours. Les travailleurs ont aussi décidé de faire connaître largement leur mouvement, en s’adressant à la population et à d’autres usines de la région, où bien des travailleurs peuvent se reconnaître dans ces ouvriers qui ne veulent pas être mis à la rue « avec des cacahuètes ».
Encaisser l’argent public sans aucun contrôle et laisser les salariés sur le carreau, c’est une pratique générale de la bourgeoisie et beaucoup le voient. La famille Desprez a de l’argent, elle a volontairement mis à l’arrêt cette usine et celle de Klégé, à Bapaume. Ces gens-là ont cassé, à eux de payer !