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- Lutte ouvrière n°3015
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Leur société
Écoles de Paris : agents du périscolaire en colère
Les travailleurs du périscolaire des écoles parisiennes sont appelés à la grève du 11 au 22 mai à l’appel de sept organisations syndicales.
À la dégradation des conditions de travail, au manque d’effectif, s’ajoute la suspension désormais automatique par la Mairie de Paris des agents du périscolaire, dès la moindre plainte ou un signalement contre l’un d’entre eux.
Accusée de laxisme, à la suite de plusieurs plaintes à propos de violences à caractère sexuel contre des enfants, la Mairie de Paris a mis en place un prétendu « principe de précaution » qui consiste à suspendre les agents au moindre motif. Un simple mail d’un parent mécontent suffit. Depuis le début de l’année 2026, plus de cent d’entre eux ont ainsi été suspendus. Un responsable syndical, explique « être contacté quasi quotidiennement par des agents ». Souvent, ils sont démis sans même en connaître le motif. « Certains ont vingt ans de périscolaire, et d’un coup, c’est fini, sur la base d’un simple coup de fil. Énormément d’agents viennent la boule au ventre au travail, ils savent que du jour au lendemain ça peut s’arrêter. » Un directeur d’accueil explique que les animateurs sont en « plein craquage », ne sachant plus s’ils peuvent prendre un enfant par le bras en cas de dispute avec un autre ou changer un enfant qui s’est fait pipi dessus, de crainte d’être suspendus.
Les deux tiers des travailleurs du périscolaire étant vacataires, ils n’ont droit à aucune enquête interne ni procédure et l’arbitraire est total. En réalité, c’est le manque d’effectif et de moyens qui est à l’origine de la plupart des dysfonctionnements. Il manque parfois jusqu’à cinq agents du périscolaire par école. Et ce sous-effectif est évidemment aggravé par les suspensions en rafale qui dissuadent aussi nombre de candidats à l’embauche. Les grévistes réclament la création de centaines de postes, l’embauche de tous les vacataires et la fin des suspensions systématiques, hormis en cas de violences sexuelles avérées.
Une manifestation est appelée mardi 19 mai entre la direction des affaires scolaires (Dasco) à Bastille et l’Hôtel de Ville de Paris.