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Leur société
Éducation : provocations ministérielles
« Les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le bac ». C’est ce qu’a déclaré le 7 mai dans une interview au Figaro le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, désireux de trouver un écho dans les médias.
Le ministre n’hésite pas à distiller quelques conseils pour remédier à la situation, de l’école primaire au lycée… Il suggère aux enseignants d’éviter les textes « à trous » car « un élève qui remplit un texte à trous ne formule pas une phrase complète » ; il faut faire recopier une partie de la leçon, pratiquer une « écriture d’invention […] de quelques lignes au cours élémentaire jusqu’à plusieurs pages au lycée », soigner l’orthographe et l’expression, y compris dans les devoirs de matières scientifiques, sans croire que les correcteurs orthographiques et grammaticaux peuvent remplacer la maîtrise du français.
On pourrait suggérer à un ministre d’éviter d’enfoncer des portes ouvertes, sauf à vouloir horripiler les enseignants qui font face à des classes trop chargées, les parents et les élèves qui protestent contre le manque de remplaçants, difficiles à trouver dans certaines disciplines, le français entre autres, ou dans certaines zones – l’éducation prioritaire par exemple – avec souvent des conséquences visibles.
En janvier, le ministère annonçait la suppression de 1 895 postes dans le primaire et plus de 1 300 dans le secondaire pour la rentrée 2026. Geffray aurait peut-être dû se taire…