Espagne : la dégradation des transports a conduit à une catastrophe 04/11/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/11/une_3040-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-11-04

Dans le monde

Espagne : la dégradation des transports a conduit à une catastrophe

Mercredi 28 octobre, un train à grande vitesse de la compagnie publique Renfe percutait par l’arrière un train de la compagnie privée Iryo dans la province de Tolède. À ce jour, le bilan s’élève à 69 morts et des dizaines de blessés.

Rien que cette année, en comptant les accidents d’Adamuz et de Gelida, 116 personnes ont perdu la vie dans des accidents ferroviaires. Le ministre des Transports a aussitôt accusé des cheminots d’être responsables de la catastrophe. En réalité, c’est l’état de dégradation du réseau, des systèmes de sécurité et le manque de personnel qui sont en cause.

Le système de sécurité et de signalisation ferroviaire LZB est en effet tombé en panne sur le tronçon. Ce système, conçu dans les années 1970 et installé sur ce corridor depuis le début des années 1990, est aujourd’hui jugé obsolète et a connu, selon le ministère lui-même, 170 pannes depuis le début de l’année. Les ordinateurs de la station centrale LZB, ainsi que ceux reliant les conducteurs en cabine et le contrôle, fonctionnent sous des systèmes d’exploitation totalement obsolètes, comme MS-DOS ou Windows XP.

Cette panne a entraîné automatiquement l’arrêt de toutes les circulations. Mais comme souvent, la pression est alors mise pour tenter de redémarrer les trains, ne pas interrompre le service et préserver l’image de marque des compagnies. C’est dans ces conditions que la consigne de reprendre la circulation à vitesse normale aurait été transmise d’un poste de commandement à Atocha, près de Madrid, au conducteur du TGV. Dans le même temps, la conductrice du train Iryo indiquait ne pas parvenir à redémarrer. Quelques minutes plus tard la collision avait lieu.

Les cheminots refusent que l’on accuse encore le dernier maillon de la chaîne. Depuis l’ouverture à la concurrence de la grande vitesse ferroviaire en 2021 et l’arrivée d’autres entreprises comme Ouigo et Iryo, le nombre de trains a doublé. Cela entraîne évidemment une usure accrue des infrastructures, mais aussi une augmentation de la charge de travail des salariés de l’Adif, qui gère le réseau. Dans les postes de contrôle notamment, le nombre de trains supervisés par chaque équipe a doublé, voire triplé.

De plus, dans les années 2010, les recrutements ont été suspendus et la transmission d’expérience interrompue. Mais ce sont les responsables politiques de ce chaos qui accusent les cheminots en cas d’accident.

Le syndicat des conducteurs de train avait précisément appelé à une grève pour le lendemain, le 29, afin de porter des revendications en matière de sécurité. C’est le quatrième conducteur de train à perdre la vie dans un accident cette année. Trois autres travailleurs de la maintenance ferroviaire ont également trouvé la mort.

Cheminots et usagers sont mis en danger par la politique d’économies criminelles des gouvernements successifs et des capitalistes des transports. Ils doivent lutter et se révolter en commun.

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