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Leur société
Fête de l’Humanité : radicaux… le temps d’un week-end
La Fête de l’Humanité, qui s’est tenue du 11 au 13 septembre, a été une nouvelle fois un succès en terme d’affluence, démontrant l’existence dans les classes populaires d’un courant militant lié au PCF.

Une grande partie des candidats de gauche à l’élection présidentielle y ont fait une apparition. Roussel, dirigeant du PCF et lui-même candidat, a pu ainsi poser, au moins le temps d’un week-end, en rassembleur de la gauche. Pour gagner le cœur d’un public constitué d’une forte proportion de militants et d’électeurs communistes, Roussel a adopté un langage plus combattif qu’à l’accoutumée. Cette posture permet au PCF de justifier son existence indépendante à côté d’un PS qui cultive, lui, une image de gestionnaire responsable.
De son côté, Mélenchon a tenu lui aussi un meeting rassemblant des milliers de personnes autour du stand LFI. S’adressant à l’électorat communiste et cherchant à concurrencer Roussel, le dirigeant des Insoumis a lui aussi «gauchi» son discours, parlant de la lutte de classes, de la plus-value, de l’opposition entre capital et travail avec une référence à Marx, allant même jusqu’à revendiquer l’échelle mobile des salaires.
Cependant, comme, selon Mélenchon, le rapport de force serait défavorable aux travailleurs, du fait surtout de la présence au pouvoir de Macron, la perspective se résume à mener campagne pour son élection en 2027. À aucun moment il n’est question de contester à la bourgeoisie son droit de diriger l’économie ou de renverser le capitalisme.
S’il s’est adressé au monde du travail à la Fête de l’Humanité, Mélenchon s’est surtout posé en champion de la souveraineté nationale, face à l’impérialisme américain, face aussi à l’Allemagne qui « reconstitue la première armée conventionnelle du continent », en défenseur du rang militaire de la France. Comme si les travailleurs avaient intérêt à défendre la position de leur propre bourgeoisie face à ses concurrentes ! La moindre des choses serait de dénoncer l’explosion du budget militaire... de la France !
Que l’on s’appelle Roussel ou Mélenchon, habituer les travailleurs à réfléchir en termes d’intérêt national, même en prétendant que c’est au nom de la paix, contribue à les piéger derrière leur propre bourgeoisie et son État. Voilà exactement de quoi désarmer politiquement les travailleurs dans les affrontements qui viennent.