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Flottille pour Gaza : piraterie israélienne
Dans la nuit du 29 au 30 avril, la marine israélienne a arraisonné une partie des bateaux de la flottille qui tentait de faire parvenir de l’aide humanitaire à Gaza et arrêté quelque 176 militants, se livrant ainsi à un véritable acte de piraterie.
Constituée de 58 bateaux, partis de Marseille, Barcelone et Syracuse, la flottille a été interceptée par des bâtiments militaires israéliens dans les eaux internationales, dans le mépris le plus total du droit maritime, à près de 150 km à l’ouest de la Crète et à plus de 1 000 km des côtes de l’enclave palestinienne. Appuyés par des drones et des vedettes rapides, des soldats israéliens ont pris d’assaut 21 bateaux, menaçant de leurs armes les membres des équipages. Ceux-ci ont été obligés de se mettre à genoux, brutalisés s’ils protestaient et transférés dans un navire aménagé en prison, avec barbelés et miradors. Après y être restés plus de 40 heures entassés dans des cales et empêchés de dormir, ils ont finalement été débarqués en Crète le 1er mai, à l’exception de deux d’entre eux, transférés dans une prison israélienne.
Pour justifier ce kidnapping, les autorités israéliennes ont prétendu vouloir interroger ces militants sur leurs liens avec le Hamas. Mais en réalité leur objectif est bien de faire un exemple. L’un des deux militants arrêtés, Thiago Avila, est parmi les principaux organisateurs de la flottille et avait participé à une précédente initiative à l’automne 2025, qui lui avait déjà valu d’être emprisonné plusieurs jours en Israël. Pour l’autre, Saif Abu Keshek, s’ajoute certainement le fait qu’il est d’origine palestinienne.
Les deux hommes ont subi des violences. Thiago Avila a déclaré avoir été « traîné face contre terre et battu si violemment qu’il a perdu connaissance à deux reprises », ajoutant que, depuis son arrivée en Israël, il a été « maintenu à l’isolement, avec les yeux bandés ». Leurs avocats ont fait connaître leur décision de commencer une grève de la faim.
Les gouvernements occidentaux ont certes émis quelques protestations, surtout quand les militants arrêtés étaient des ressortissants de leur pays, mais elles sont restées en général très discrètes. L’administration américaine, quant à elle, a sans surprise applaudi à l’opération militaire israélienne. Si Netanyahou peut continuer de massacrer les Palestiniens et de se livrer à une politique de terreur dans tout le Moyen-Orient, c’est aussi parce qu’il n’a rien à craindre de ses homologues à la tête des grandes puissances.