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Dans les entreprises
Goodyear – Amiens : l’argent public coule à flots vers lesactionnaires
Chez Goodyear à Amiens, usine de production de pneus de 800 ouvriers, le syndicat Sud a appelé à la mobilisation, dénonçant une dégradation des conditions de travail : salariés poussés à bout, changements d’équipe arbitraires, postes vacants.

L’appel répond à la mise en scène de la direction lors de la visite d’Emmanuel Macron en juin dernier. Devant un parterre de cadres de l’entreprise, de notables politiques locaux et de préfets, Macron était venu se vanter de la réindustrialisation du pays dans le cadre du plan France 2030. Goodyear venait d’annoncer un nouveau plan de modernisation destiné à être plus concurrentiel, produire plus et sauvegarder l’emploi grâce à un investissement de 180 millions d’euros dont 45 gracieusement donnés par l’État. « Vous pouvez en être fier » a lancé Emmanuel Macron aux notables et au directeur, en ajoutant, mais, sans nul doute, pas à l’intention des mêmes, qu’il allait falloir « se retrousser les manches ».
Pas gêné, le président : il avait fait le même genre de discours aux ouvriers de Whirlpool-Amiens lors de sa campagne présidentielle en 2017. Après la reprise par un industriel local de l’usine fermée, un plan d’aides publiques de 10 millions d’euros devait permettre de sauvegarder l’emploi. Mais le repreneur avait rapidement licencié tous les salariés.
En 2022, c’est le Premier ministre du moment, Jean Castex, qui y était allé de sa petite visite pour dévoiler le plan de modernisation : 45 millions donnés par l’État et 85 prêtés par les banques publiques, dans le cadre du plan France Relance.
« France 2030 », « France Relance » : les responsables politiques ne se donnent pas beaucoup de mal pour trouver de nouveaux noms et dissimuler de mêmes interventions destinées à enrichir les actionnaires. Déjà, en 2014, alors que les patrons fermaient l’une des deux usines du groupe Goodyear à Amiens et licenciaient 1 143 salariés, ils touchaient 45 millions de la part de l’État pour le plan de modernisation de l’usine restante. Cet argent est pris sur les budgets de l’école ou des hôpitaux.
Comble de l’hypocrisie, Macron a dénoncé la concurrence déloyale des entreprises de pneus chinoises qui « touchent trop de subventions » ! Et tout au long de ces années, il a fallu que moins d’ouvriers assurent une production plus importante, avec des horaires changeant en fonction des impératifs de la direction.
Actuellement, sur le site d’Amiens, quatre équipes travaillent chacune deux jours du matin, puis deux jours l’après-midi et deux jours de nuit, avec deux jours de repos flottants. Ce rythme exténuant ne laisse que rarement un week- end mais accumule les bonnes raisons de se mettre en colère !