Hôpital – Beauvais : un été chaud 16/09/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/09/P15-1_CHB_Beauvais-1_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C138%2C799%2C587_crop_detail.jpg 2026-09-16

Dans les entreprises

Hôpital – Beauvais : un été chaud

Des services sans thermomètre, ou un seul, mais sans piles. Des températures atteignant 32o dans les chambres, 39,5o dans certains bâtiments, plus de 40o sur la plateforme logistique, les ateliers techniques et le service propreté.

Illustration - un été chaud

C’est ainsi que dans les postes de soins de l’hôpital de Beauvais, la température est montée jusqu’à 39o, alors que les médicaments doivent être entreposés à moins de 25o. Dans les blocs opératoires, le taux d’humidité a dépassé 95% pour un maximum autorisé de 74%. Faute d’avoir perçu un seul des 30 000 climatiseurs que le gouvernement prétend avoir commandés, le personnel se débrouille comme il peut : certains ont acheté sur leurs deniers des couvertures de survie pour obturer les fenêtres ; les rares climatiseurs existants sont trimballés d’une pièce à l’autre ; on essaie de créer des courants d’air en ouvrant les locaux… Et tout cela avec un sous-effectif chronique, que la direction comble à grands coups d’heures supplémentaires ce qui ne peut qu’ajouter de la fatigue à la fatigue.

C’est dans ces conditions, 23 ans après la grande canicule de 2003, un an après celle de juillet 2025, que les 2000 salariés de cet hôpital ont dû fonctionner !

Bien des choses auraient pu, et dû, être faites depuis le temps, c’est une évidence pour quiconque travaille à l’hôpital : réparer les volets, stores et protections solaires existants ; en installer là où il en manque ; repeindre les toitures en blanc ; installer des kits d’adaptation aux fenêtres pour les climatiseurs mobiles ; remplacer ces derniers, progressivement, par des climatiseurs fixes ; installer des thermomètres dans tous les services ; développer le télétravail et adapter les horaires partout où c’est possible.

Tout cela ne représenterait même pas un budget exorbitant ! La direction ne pouvait rien en ignorer, d’autant que les syndicats, notamment la CGT, encore en juin dernier, lui en avaient directement fait part. Mais elle n’a rien fait, si ce n’est promettre des T-shirts légers, des pantacourts – dans certains services, et pas avant 2027 – et, peut-être, des bermudas pour les services techniques et le service de propreté, mais c’est en réflexion « au regard de la réglementation ». On se demande laquelle.

Pendant ces années d’immobilisme et ces étés de canicule, gageons que l’hôpital de Beauvais a payé rubis sur l’ongle capital et intérêt aux banques dont il est débiteur, et que le ministère doit se féliciter des économies réalisées sur le dos des patients et du personnel.

Partager