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Leur société
Hôpitaux : vers la médecine de guerre
Comment renvoyer rapidement au front des soldats blessés ? C’est le thème d’un guide que les ministères des Armées et de la Santé vont envoyer aux hôpitaux civils.
L’État se prépare à plonger la population dans une guerre majeure. Dès lors il prévoit un afflux de soldats blessés que les hôpitaux devront traiter en priorité, alors que les restrictions conduiront à « établir des priorisations d’accès [et] à en réserver l’usage à certains patients », est-il écrit dans le guide.
Les soignants devront « modifier la relation de soins à laquelle ils sont habitués ». En clair, « la réparation, la réhabilitation physique et psychique » des soldats, qui devront retourner à la guerre le plus vite possible, passera avant tout le reste.
« Cela peut conduire à abaisser les standards de prise en charge pour l’ensemble des patients » – par exemple réduire les dialyses à « deux séances hebdomadaires au lieu de trois » – reconnait le guide.
L’État soumet depuis longtemps les hôpitaux publics à un étranglement financier, aux dépens de leur capacité à bien soigner. À présent, il prépare une aggravation générale de la pénurie de soignants, de matériel, de lits dans les hôpitaux où des malades, pour certains très âgés, attendent déjà sur des brancards, alignés dans les couloirs de services débordés. Les déserts médicaux auxquels la population est confrontée aujourd’hui s’étendront quand les médecins seront mobilisés au chevet des soldats. Toutes calamités auxquelles les riches échappent, et échapperont, en payant.