ID Logistics – Cholet : assez de la dictature ! 04/11/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/11/P15-1_2026_10_30_gr%C3%A8ve_ID_Logistics_1.jpg.420x236_q85_box-75%2C0%2C775%2C394_crop_detail.jpg 2026-11-04

Dans les entreprises

ID Logistics – Cholet : assez de la dictature !

Jeudi 29 et vendredi 30 octobre, une vingtaine de travailleurs de la plateforme ID Logistics à Cholet se sont mis en grève pour la première fois et ont tenu un piquet devant le site.

Illustration - assez de la dictature !

Les raisons de la colère sont nombreuses, mais c’est l’ambiance de caserne qui règne dans l’entreprise qui a déclenché la grève, après une énième sanction pour des motifs futiles. Plusieurs salariés ont été mis à pied une voire deux semaines. On leur reproche de petites erreurs dans leur travail, mais ce sont en fait des sanctions contre des travailleurs qui ont tenu tête à la direction.

Tout le monde l’a compris, car les brimades des responsables sont permanentes. La direction aboie ses consignes et rappels à l’ordre, et fait la chasse à ce qu’elle appelle du « bavardage » : il s’agit parfois tout simplement de saluer un collègue. Dans cette plateforme qui a tout juste deux ans, la plupart des travailleurs sont jeunes et subissent les réflexions paternalistes d’une direction qui les traite comme des gosses, leur reproche leur « manque de maturité » et leur fait la morale, y compris sur leur vie privée.

Sur le piquet, les anecdotes fusent, chacun racontant ce qui lui pourrit la vie au boulot. Par exemple, la direction a une façon toute patronale de combattre les accidents du travail : ne pas les déclarer, imposer des congés, et promettre aux salariés, s’il n’y a pas d’accident déclaré pendant 100 jours, de leur offrir des macarons cuisinés par le directeur adjoint lui-même. Ce serait ridicule si ce n’était pas insultant.

Si l’entrepôt est flambant neuf, les méthodes du patron n’ont rien de nouveau, comme le dénoncent les slogans des travailleurs en grève : « Des sanctions, des menaces, mais pas d’augmentation » ; « ID dictature, ID esclavage ». Tous les salariés subissent ces méthodes, y compris l’encadrement : six petits chefs ont fait un burn-out, et huit ont déjà démissionné. Bien sûr, cette dictature s’exerce aussi sur les salaires, à peine au-dessus du smic, et sur les horaires. Les heures supplémentaires obligatoires sont très fréquentes, elles ont même été quotidiennes de juin à septembre, et les salariés en sont sortis lessivés.

Embaucher et augmenter les salaires, ID Logistics en aurait les moyens, avec un chiffre d’affaires de 3,74 milliards d’euros en 2025. Quant à la fortune personnelle de son propriétaire, Eric Hémar, elle est estimée à 1,4 milliard d’euros, ce qui le place dans le top 50 des parasites capitalistes français.

La grève rassemble une minorité importante des cent travailleurs de l’entrepôt. Elle est populaire auprès des non-grévistes, qui viennent les saluer en début et fin d’équipe, et pendant leur pause repas. La direction voit bien le danger et met la pression aux intérimaires s’ils sont vus en train de parler aux grévistes.

Il n’y a pas de syndicat sur le site, et ce sont des élus CFDT d’autres entreprises qui ont rencontré la direction. Elle dit ne pas comprendre les critiques mais promet un « plan d’action » pour le 9 novembre, jour d’une visite des dirigeants du groupe. Les grévistes n’en attendent rien. En revanche ils sont fiers d’avoir relevé la tête et renforcé les liens entre eux. Voilà déjà un premier acquis de leur lutte !

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