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Dans les entreprises
Inspection du travail : des menaces inadmissibles
Mardi 15 septembre, deux inspecteurs du travail d’Isère étaient convoqués à un conseil de discipline à Paris.
Les syndicats de la branche ont appelé à une grève nationale et à un rassemblement de soutien devant le ministère du Travail. Leurs collègues isérois sont en grève reconductible depuis le 7 septembre.
Ces deux inspecteurs avaient en particulier procédé à des contrôles d’employeurs qui faisaient travailler les salariés le 1er mai. La responsable de leur unité de contrôle avait porté plainte contre eux pour un prétendu harcèlement moral. Début juillet, après audition, le procureur a classé sans suite cette plainte estimant que « les faits de harcèlement ne sont pas constitués » et dénonçant au contraire « la situation sociale très complexe, voire délétère, qui règne au sein de l’inspection du travail de Grenoble et qui est source de graves souffrances au travail ». Mais cela n’empêche pas le ministre du Travail, Farandou, de mener une procédure en interne. Il s’agit de tenter de bâillonner ceux qui dénoncent la dégradation des conditions de travail et les pressions pour leur faire abandonner toute mission de défense des salariés.
Au nombre de 1 800 pour 21 millions de salariés, les effectifs des inspecteurs du travail sont ridiculement faibles et ils ont encore chuté de 500 depuis 2017. De plus, dans certains départements, obligation leur est faite de participer à des opérations « place nette » contre le trafic de drogue ou à la traque de travailleurs sans papiers au détriment de l’action contre la délinquance patronale.
En 2020, l’administration avait déjà mis à pied puis muté d’office Nicolas Smith, inspecteur du travail à Reims, qui avait exigé des masques de protection pour des travailleurs à domicile pendant la crise du Covid. Il avait fallu une lutte de deux ans pour obtenir sa réintégration.
Pour mettre en échec les menaces de sanction et de révocation, la même mobilisation s’impose aujourd’hui.