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Italie : toutes les colères sont dans la rue
Vendredi 30 octobre, des dizaines de cortèges ont rassemblé des centaines de milliers de manifestants dans toute l’Italie.

Sur l’affiche de l’USB, le syndicat de base qui appelait à cette journée de grève et de manifestations, on pouvait lire : « Baissez les armes, augmentez les salaires ».
De nombreuses pancartes et slogans exprimaient le rejet de la guerre et dénonçaient les salaires trop bas et l’écroulement du pouvoir d’achat. Le slogan « Je pleure plus à cause de ma fiche de paie qu’à cause de vos lacrymos » s’est taillé un franc succès dans le cortège turinois.
Dans les villes portuaires, les dockers étaient appelés à faire grève ce jour-là par un regroupement international de syndicats, derrière le mot d’ordre « Les dockers ne travaillent pas pour la guerre ». Dans bien des villes, comme Livourne ou Gênes, des milliers de manifestants se sont retrouvés à leurs côtés sur les quais, pour dénoncer les dépenses militaires et réclamer que l’argent serve à satisfaire les besoins de la population, à commencer par l’école.
Déjà mobilisée dans plusieurs villes du pays les 16 et 17 octobre, la jeunesse formait partout le gros des cortèges. Comme en France, les lycéens et étudiants italiens dénoncent des conditions d’études dégradées, mais disent aussi leur refus d’une société toujours plus inégalitaire et leurs angoisses face à un avenir bouché. Leur révolte contre le racisme cible en particulier le dernier décret scandaleux du gouvernement Meloni qui prétend limiter à 30 % le nombre d’élèves étrangers dans les classes. « Dans nos classes, personne n’est étranger », lui ont répondu des centaines de pancartes.
Les syndicats de base à l’initiative de l’appel du 30 octobre, en particulier l’USB, voulaient « rassembler toutes les luttes ». L’USB en appelait à tous les « citoyens », affichant sa solidarité avec la jeunesse étudiante et lycéenne mobilisée, mais aussi avec le mouvement des petits patrons du transport et de la pêche et des agriculteurs, qui ont bloqué des autoroutes dans le sud du pays pendant plusieurs jours pour protester contre les prix des carburants et réclamer des aides de l’État.
Il est vrai que de nombreuses catégories de la population souffrent de l’inflation qui les étrangle, et pas seulement les travailleurs salariés. Ces derniers sont par contre les seuls en situation de pouvoir mettre en difficulté la classe capitaliste, celle qui décide d’écraser les salaires et les conditions de travail et commande au gouvernement de lui réserver la part du lion.