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Leur société
Jeunes au travail : le ministre couvre les accidents
Suite à la mort de deux jeunes au travail en deux jours, les 17 et 18 avril, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est senti obligé de faire des annonces.

Les victimes sont un intérimaire de 22 ans, qui travaillait dans une usine Lustucru et qui est tombé dans un laminoir à pâtes, et un lycéen de 15 ans, en stage dans une entreprise du BTP, écrasé par un chariot élévateur. Ces morts atroces en disent long sur l’exploitation, et en particulier celle des jeunes et des précaires. Mais, pour Farandou, ce qui compte est d’intégrer un volet « santé- sécurité » dans les contrats d’apprentissage, bref, d’ajouter plus de paragraphes à des textes que personne ne lit ni ne respecte. Pour lui, il faut que les travailleurs soient sensibilisés aux dangers qu’ils courent, mais pas que les patrons soient contraints de prendre les mesures adéquates.
Sans doute conscient qu’il fallait en dire plus, Farandou a tenu à lancer une autre proposition « concrète » : marquer d’un « A » ou d’une couleur spécifique les casques des jeunes ! Lutter contre les conséquences, parfois fatales, du manque d’effectifs et des cadences toujours plus dures ne serait donc pas si difficile. Pour le ministre, changer la couleur du casque pourrait suffire !
Il y a de quoi être révolté par un tel mépris. Les travailleurs savent que l’accompagnement des jeunes par d’autres, plus expérimentés, et leur formation à la sécurité sur les machines qu’ils doivent utiliser sont une nécessité. Mais c’est de plus en plus difficile à cause de la pression patronale. Les accidents du travail touchent 2,5 fois plus les jeunes de moins de 25 ans que le reste des travailleurs, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Cette insécurité fait plusieurs centaines de morts par an, soit plus que les narcotrafics. Mais elle ne fait pas la Une des journaux, car les criminels sont les capitalistes.