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Leur société
Les massacres de Sétif
Le 8 mai 1945, la manifestation organisée par l’administration française à Sétif pour fêter la reddition de l’Allemagne s’accompagna de slogans pour l’indépendance de l’Algérie.
Un enfant brandit un drapeau algérien arraché par la police, qui avait pour ordre d’étouffer toute expression du sentiment national algérien. Des affrontements s’ensuivirent et des Européens furent tués. La réplique de l’armée française, suppléée par des milices de colons, fut sans merci à Sétif, mais aussi à Guelma et Kherrata. Le bombardement de villages, les rafles et les exécutions sommaires durèrent jusqu’en juin en faisant des milliers de morts, peut-être jusqu’à 30 000.
Ce n’était pas des « événements », mais une saignée dans la tradition des massacres coloniaux perpétrés par la France, comme ceux qui allaient ensanglanter dans les mêmes années l’Indochine et Madagascar. « Je vous ai donné la paix pour dix ans », déclarait à l’époque, le général Duval, grand ordonnateur des massacres.
Les massacres de mai 1945 se menaient sous le gouvernement de De Gaulle installé à la fin de la guerre. Il comprenait des ministres du Parti socialiste et du Parti communiste français. Tous ont couvert de leur silence et de leurs mensonges – L’Humanité parlait de soulèvements fascistes – les semaines sanglantes de mai 1945 en Algérie.