Petite carotte et gros bâton 04/11/2026 2026 Journal /medias/journalnumero/images/2026/11/une_3040-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg 2026-11-04

Les jeunes en lutte

Petite carotte et gros bâton

Dès le début du mouvement de la jeunesse lycéenne, fin septembre, le gouvernement a tenté d’étouffer dans l’œuf la contestation par une répression brutale.

Depuis deux mois, dans de nombreuses villes, policiers, CRS, gendarmes mobiles, brigades anticriminalité, policiers municipaux, sont mobilisés contre les piquets de grève, des rassemblements ou des manifestations. Les charges sont menées à coups de gaz lacrymogènes, de grenades de désencerclement ou encore de grenades assourdissantes .

Parmi les victimes de la répression policière, au moins trois jeunes ont eu une main arrachée, quatre ont perdu un œil, un jeune de 14 ans a eu la mâchoire brisée par un tir de lance-grenade à bout portant. Des dizaines ont été hospitalisés avec des éclats de grenade dans les membres, d’autres en raison de coups de matraque et d’interpellations violentes.

La répression a aussi pris la forme d’arrestations massives. Plus de 12 000 personnes, souvent des jeunes, ont été placées en garde à vue. Avant même la journée du 17 octobre, 8 000 jeunes, essentiellement des mineurs, avaient déjà été placés en garde à vue. Certains ont été condamnés à de la prison ferme.

Puis, le gouvernement a dégainé les interdictions de manifestations, les couvre-feux. Et quand il ne pouvait pas interdire les cortèges de manifestants, il les a délocalisés hors des centres- villes, comme sur les boulevards des maréchaux qui ceinturent Paris.

Mais cet éventail de mesures répressives, loin d’éteindre la contestation, n’a fait que la nourrir.

Le 26 octobre, Lecornu a donc reçu les représentants des lycéens et étudiants, après plusieurs semaines de mouvement. Ceux- ci ont à juste titre dénoncé les miettes que le gouvernement proposait. De toute façon, qui peut croire les promesses d’un gouvernement qui disparaîtra dans quelques mois ?

Dès la rentrée scolaire du 2 novembre, le gouvernement a repris de plus belle l’usage de la matraque pour tenter d’empêcher tout redémarrage de la grève dans des lycées et les universités.

La crainte du gouvernement, et derrière lui du patronat, est bien sûr que le mouvement ne fasse tache d’huile dans le monde du travail. La journée du jeudi 5 novembre, à laquelle sont appelés les travailleurs du public et du privé, si elle se traduit par un élargissement du mouvement, sera une étape importante dans cette direction.

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