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Leur société
Prix des carburants : mesurettes gouvernementales
Après l’annonce des 5 milliards de profits de Total, politiciens et journalistes débattent à qui mieux mieux de prétendues mesures… inoffensives pour les capitalistes.
L’indignation est montée d’un cran à l’annonce du dernier geste du gouvernement : un chèque de 50 euros, une seule fois, pour les grands rouleurs, une « compensation » ridicule quand on sait ce que coûte actuellement un plein. Mais, en fait, seuls trois millions de travailleurs en bénéficieront, à condition de rentrer dans les critères très serrés. Le gouvernement avait été plus rapide pour décider de mesures envers les agriculteurs, les pêcheurs et les petites entreprises du BTP… mais en étant tout aussi radin.
Face à cela, les révélations des bénéfices des pétroliers ont de quoi faire enrager, et Lecornu s’est donc senti obligé d’appeler TotalEnergies à « redistribuer d’une manière ou d’une autre » ses profits « exceptionnels ». Si cela veut dire que le groupe va devoir redistribuer des dividendes à ses actionnaires, on peut étre sûr qu’il le fera.
Les responsables du RN préfèrent parler des taxes sur les carburants et, notamment, des 270 millions d’euros de recettes fiscales que l’État a encaissés en mars sur les ventes d’essence, de diesel ou de kérosène. Mais si ces taxes sont injustifiées, comme tous les impôts payés par la population, les 5 milliards de profit de Total représentent plus de 18 fois ces taxes du mois de mars. En fait, parler des taxes a pour le RN l’avantage de détourner l’attention des profiteurs et de leurs bénéfices de guerre.
D’autres responsables politiques, à gauche en particulier, évoquent une taxation exceptionnelle des bénéfices de TotalEnergies et autres majors de l’énergie. Quelle taxation exceptionnelle ? Il faut rappeler qu’en 2022, avec la guerre en Ukraine, une « contribution temporaire de solidarité » des entreprises énergétiques de l’Union européenne avait été créée et avait rapporté… 69 millions d’euros par an. Comble de l’ironie, depuis 2019, Total n’a pas payé un centime d’impôt sur les bénéfices grâce à la mise en déficit comptable de ses raffineries françaises. Une éventuelle surtaxe ne risque donc pas de l’effrayer.
Pour faire cesser de tels rackets, la seule solution sera de réquisitionner les fortunes des exploiteurs.