- Accueil
- Lutte ouvrière n°3033
- Radio France : une vilaine odeur de Sapin
Leur société
Radio France : une vilaine odeur de Sapin
Dimanche 13 et lundi 14 septembre, les programmes de France Inter, France Culture et Franceinfo ont été perturbés par une grève des salariés qui protestent contre l’embauche d’un éditorialiste d’extrême droite.

Charles Sapin est directeur adjoint du magazine Valeurs Actuelles, une revue plusieurs fois condamnée, notamment pour une caricature particulièrement odieuse représentant la députée insoumise d’origine africaine, Danièle Obono, en esclave.
La directrice de Radio France, comme la ministre de la Culture, défendent la décision au nom du « pluralisme » et de la liberté d’expression. La ministre, Catherine Pégard, parle même sans rire d’une « chasse aux sorcières » faite par des travailleurs de Radio France contre un pauvre homme qu’on empêcherait de s’exprimer. Outre le fait que ce monsieur a tout un magazine pour défendre ses idées, le parallèle avec la chasse aux communistes dans les États-Unis des années 1950 est risible. L’extrême droite a le vent en poupe et s’exprime partout. Ses porte-paroles, députés et autres notables, sont largement invités dans les médias, y compris ceux du service public. On les entend bien davantage que n’importe quelle voix d’ouvrier, de retraité ou de jeune de milieu populaire.
Loin d’être pourchassés, ces gens-là demandent au contraire qu’on fasse la chasse aux journalistes qui exprimeraient trop ouvertement à leur goût des opinions « de gauche ». C’était d’ailleurs l’objectif de la violente charge de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, menée par le député ciottiste Charles Alloncle. Journalistes et animateurs avaient été mis en accusation, suspectés de ne pas déverser assez d’insanités, à l’image des médias de Bolloré ou Stérin. Le gouvernement montre sa complicité, en même temps qu’il voudrait imposer une direction unique de Radio France et France Télévisions, et accessoirement faire de substantielles économies en supprimant des postes.
La nomination de Charles Sapin s’inscrit elle aussi dans cette offensive, à laquelle les travailleurs de Radio France ont bien répondu par la grève.