RATP bus : ils filialisent pour mieux profiter05/05/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/05/P14-2_Lors_du_rassemblement_le_27_mai_2024_au_si%C3%A8ge_de_la_RATP_C_LO.jpg.420x236_q85_box-112%2C138%2C709%2C474_crop_detail.jpg2026-05-05

Dans les entreprises

RATP bus : ils filialisent pour mieux profiter

Depuis le 1er mai, une nouvelle étape a été franchie dans les attaques contre les travailleurs des bus de la RATP à Paris et en proche banlieue.

Illustration - ils filialisent pour mieux profiter

Huit nouveaux dépôts de bus de la RATP, représentant 86 lignes et 7 000 salariés, ont été transférés vers des filiales privées : six à RATP Cap et deux à Transdev, détenu à 66 % par le groupe Rethmann et à 34 % par la Caisse des dépôts et consignations. Six autres dépôts avaient déjà été transférés en 2025. D’ici à la fin de l’année, tout le réseau de bus de la RATP et ses 19 000 travailleurs devraient être répartis dans douze « lots ».

Les dirigeants de la RATP, de la région Île-de-France et les représentants de l’État, cherchent à rassurer les travailleurs en leur disant que tout va bien se passer et qu’ils ne vont rien y perdre. Ils promettent le maintien de la rémunération sur la base d’un calcul flou fait sur les douze derniers mois avant transfert. Comment les croire alors que depuis des années ils démolissent les conditions de travail et les salaires ? Dès 2023, la RATP a anticipé la filialisation en augmentant le temps de travail des conducteurs de bus de 50 minutes et en supprimant six jours de repos. Les services en deux parties, les plus fatigants, se sont multipliés. Des services couvrant les heures de repas ont été créés et l’amplitude qui devait baisser à 11 heures a été maintenue à 13 heures.

Sous prétexte d’équilibrer les filiales, des lignes sont passées d’un dépôt à l’autre, au mépris de ceux qui y travaillaient. Plusieurs dizaines de travailleurs qui refusaient leur transfert ont été licenciés sans indemnités. Les nouveaux embauchés sont payés 300 euros de moins et on compte de plus en plus d’intérimaires. Entre salaires bas à l’embauche et conditions de travail difficiles, les démissions sont de plus en plus nombreuses.

De nouvelles attaques ont accompagné les premiers transferts en 2025 : passage d’un à trois du nombre de jours de carence en cas de maladie, limitation à trois semaines de congés en été au lieu de quatre, erreurs sur les décomptes de temps, remise en cause de convenances d’horaires. De plus, il va être mis fin aux congés bonifiés pour les travailleurs originaires de l’outre-mer. Partout la pression est mise sur les salariés et les procédures disciplinaires se multiplient.

En filialisant, l’État et la région Île-de-France cherchent à faire des économies, tout en permettant à des patrons privés de s’assurer des profits. Patrons privés ou dirigeants publics prennent pour cibles les conditions de travail et les salaires, et il faudra que l’ensemble des travailleurs du transport s’organisent pour les en empêcher.

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