Roissy aéroport : discrimination devant les caméras05/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3014-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-05-05

Dans les entreprises

Roissy aéroport : discrimination devant les caméras

La presse s’est fait l’écho d’un cas scandaleux de discrimination à l’aéroport de Roissy. Les faits remontent pourtant à l’été dernier, et les syndicats comme les bulletins Lutte ouvrière distribués dans la zone les avaient alors dénoncés, sans que cela arrive jusqu’aux médias, encore moins aux autorités.

Lors d’un reportage, une équipe de télévision devait filmer les salariés sur les PIF, ces « postes d’inspection filtrage » où les agents de sûreté contrôlent les bagages de cabine des passagers qui embarquent. Des responsables ont alors déplacé certains agents, ne laissant que ceux qui avaient la peau suffisamment blanche ! Inutile de dire l’émotion dans ces équipes dont les salariés viennent de partout, et se mélangent quelle que soit leur couleur.

Les salariés ont dénoncé le fait, le comité économique a émis une protestation officielle. Mais ni les responsables de l’entreprise concernée, ni ceux d’ADP, gérant de l’aéroport, ou ceux de l’équipe de télévision n’ont reconnu leur responsabilité, s’abritant derrière une prétendue initiative individuelle. Et depuis, ce ne sont pas les responsables locaux ou ceux de la société qui ont été sanctionnés, mais plusieurs salariés qui avaient protesté, dont une cheffe. Ils ont été licenciés au fil des mois sous des prétextes divers.

L’aéroport de Roissy emploie plus de 90 000 salariés. Près de la moitié d’entre eux relèvent de sociétés sous-traitantes auxquelles ADP délègue des « marchés ». Cela concerne beaucoup de postes parmi les plus pénibles, bagagistes qui manipulent des tonnes de bagages chaque jour, agents de piste dehors par tous les temps, agents d’accueil debout toute la journée, agents de sûreté sous pression ou les yeux rivés à leurs écrans, travailleurs du nettoyage, employés des boutiques et commerces, de la restauration… Ils sont éclatés dans plus de 1 000 sociétés sous-traitantes, petites ou grandes. Bon nombre d’entre elles sont à l’image de Watch Over group (WOG) qui a été mise en cause dans ce cas. Elle emploie quelques centaines de salariés qui ont été détachés de Securitas, un groupe plus important dont elle reste une filiale. Et plus les tâches sont pénibles, plus les sociétés sont petites, même quand le capital appartient à une plus grosse, et plus les conditions de travail sont dures et les salaires bas.

Le reportage incriminé voulait masquer et la difficulté du travail et le vrai visage des travailleurs, c’est raciste et choquant. Mais la réalité est là et bien là.

Partager