Russie : un “conflit qui se dirige vers sa fin” ?12/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3015-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-05-12

Dans le monde

Russie : un “conflit qui se dirige vers sa fin” ?

C’est devant une parade militaire petit format que Poutine a célébré, le 9 mai, sur la place Rouge, la victoire sur l’Allemagne de Hitler en 1945.

D’habitude, le pouvoir russe, reprenant les traditions du régime stalinien, tenait à donner un grand éclat à la célébration de l’issue victorieuse de la « Grande Guerre patriotique », que sa propagande donnait en exemple à la population. Cette fois-ci, il n’a pas été question de faire défiler sans fin devant le Kremlin des troupes et le dernier cri de la technique militaire russe.

Le Kremlin craignait-il que Kiev ne fasse la démonstration de son excellence en matière de drones en perturbant les festivités ? Même si un double système de protection aérienne avait été mis en place, Poutine a préféré ne pas tenter le diable. D’ailleurs, les forces ukrainiennes venaient de réussir à attaquer par les airs une des plus grandes raffineries russes, à 900 kilomètres de la ligne de front.

Poutine a beau vanter la puissance de son armée, la « victoire qui est notre métier » (slogan d’affiches de recrutement d’engagés dits volontaires), la population russe n’ignore pas que, régulièrement, drones et missiles ukrainiens frappent des villes frontalières, des raffineries, des ports, des dépôts d’armement, parfois très loin en territoire russe. Même dans les régions les moins pauvres, où donc il y a eu peu de « volontaires » pour aller combattre, et souvent mourir en Ukraine, la population voit bien ce que cette guerre lui coûte. D’abord, sous la forme d’une rapide érosion de son pouvoir d’achat du fait d’une inflation qui suit l’explosion des dépenses militaires.

Dans cette ambiance, Poutine a préféré tenir un discours moins va-t-en- guerre, se voulant rassurant. Il s’est dit persuadé que le conflit « se dirige vers sa fin ». À ceux qui en douteraient, preuve qu’il sait que leur nombre croît, il a affirmé : « Je suis fermement convaincu que notre cause est juste. »

Maintenant, cela ne change rien sur le terrain. Même durant la « trêve de trois jours » annoncée à l’occasion des 8 et 9 mai, avec l’accord de Trump et finalement de Zelensky, les combats n’ont pas cessé. Et ils vont continuer, comme les destructions et les morts qu’ils entraînent depuis plus de quatre ans dans chaque camp.

Aujourd’hui, Poutine sait évidemment qu’il est embourbé dans une guerre qui n’en finit pas et dont il ne voit pas comment sortir en pouvant prétendre qu’il l’a emporté. En face, Zelensky se trouve dans une impasse lui aussi, contraint qu’il est de continuer la guerre pour se maintenir au pouvoir, et parce que ses seuls soutiens, les puissances de l’Union européenne, conditionnent leur « aide » à la poursuite de cette guerre.

Alors, le carnage se poursuit. Le pouvoir russe sait que, mécaniquement, cela va faire monter le mécontentement. Déjà, des mesures que le Kremlin a justifiées en expliquant qu’il fallait protéger la population contre les ingérences de l’ennemi, comme la coupure d’Internet, de l’accès aux réseaux sociaux non contrôlés, provoquent de la grogne. Même dans des milieux qui étaient loin de contester le régime.

Combien de temps ces mesures policières mal déguisées, qu’accompagne une répression accrue contre tout ce qui bouge, suffiront-elles à maintenir le couvercle sur la marmite du mécontentement ?

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