SFR : entente aux dépens des salariés des télécoms05/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3014-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-05-05

Leur société

SFR : entente aux dépens des salariés des télécoms

Samedi 2 mai, les 2 000 salariés des boutiques SFR étaient appelés par la CFDT, l’Unsa et la CFTC à la grève. Ils sont en première ligne dans les menaces de licenciement qui pèsent sur les travailleurs de cette entreprise.

SFR est en passe d’être rachetée par une entente entre les trois autres sociétés des télécoms, Orange, Free et Bouygues Télécom, qui mettent sur la table 20,35 milliards d’euros. Si l’opération n’avait pas d’intérêt économique, Free, Bouygues et Orange ne débourseraient pas une somme aussi colossale, remarque le journal Les Échos. Par intérêt économique, il faut entendre de nouvelles perspectives de profits. Sur le dos de qui ? Pas sur celui de Patrick Drahi, le vendeur. Lui, qui n’a jamais entamé sa fortune personnelle pour acquérir SFR, en tire 3 milliards de plus que ce que les acheteurs avaient proposé il y a quelques mois. L’énorme dette qu’il avait contractée a été épongée au prix de deux vagues de licenciements à SFR ces dernières années. Il vient de s’offrir un musée aux États-Unis, pays où il détient encore un réseau de 4,5 millions d’abonnés dans le secteur des télécoms, etc.

Quant aux trois acheteurs, ce n’est pas d’avoir à augmenter le prix qui leur a posé problème et retardé la conclusion d’un accord, mais le partage de SFR entre eux trois. La Bourse s’enthousiasme, nullement inquiète de voir les acheteurs accepter un prix aussi faramineux, car pour savoir qui payera la facture, il n’y a pas de différence entre Orange, Free et Bouygues. La menace pèse directement sur les 2 000 salariés employés dans les boutiques SFR, et au total les syndicats chiffrent de 8 000 à 12 000 les licenciements que les trois larrons pourraient décider afin de rentabiliser leur achat.

L’espoir est qu’à la fusion des actionnaires réponde l’union des travailleurs de l’ensemble des télécoms pour rassembler leurs forces, sans oublier ceux des entreprises sous-traitantes.

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