Total : comment profiter de la guerre 04/11/2026 2026 Journal /medias/journalarticle/images/2026/11/P5-3_Profits_de_Total_OK_LUPO.jpg.420x236_q85_box-0%2C18%2C800%2C468_crop_detail.jpg 2026-11-04

Leur société

Total : comment profiter de la guerre

Le 29 octobre, TotalEnergies a de nouveau annoncé des profits gigantesques : 8,3 milliards de dollars au troisième trimestre de 2026, contre 3,7 milliards au même trimestre de 2025, soit plus du double.

Illustration - comment profiter de la guerre

Cette année, marquée par la guerre contre l’Iran, le groupe pétrolier s’approche de son record historique qui avait suivi le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Le gouvernement s’est, lui, félicité, par la voix de sa porte-parole et ministre de l’Énergie Maud Bregeon, « d’avoir un grand major pétrolier dans une crise telle que celle que l’on traverse », comme si Total était le remède et non la maladie. Pour continuer à profiter de la crise, de la hausse des prix y compris du gaz et de l’électricité, le trust, qui ne s’embarrasse d’aucun scrupule pour gagner sur tous les tableaux , a lancé une « offre » : avoir un contrat de gaz ou d’électricité TotalEnergies donne droit à un plafonnement du diesel à 1,99 euro à la pompe. Il ose appeler cela « l’avantage carburant ».

Les prix stratosphériques de l’essence sont avant tout dus à l’explosion des marges sur le raffinage, c’est-à-dire de l’opération qui permet d’extraire depuis le pétrole brut les composants qui sont ensuite utilisés : essence, diesel, mazout, kérosène ou encore butane et propane. Ainsi, le résultat au troisième trimestre de la division raffinage-chimie de TotalEnergies a été multiplié par… cinq entre 2025 et 2026. Et cela sans que le groupe ait réalisé le moindre changement dans ses infrastructures.

Les justifications données par les prétendus spécialistes sont que les attaques contre des installations pétrolières au Moyen-Orient et des frappes ukrainiennes contre des raffineries russes auraient créé une diminution des capacités mondiales de raffinage et donc un déséquilibre entre l’offre et la demande. Or l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que la diminution réelle des volumes mondiaux de pétrole traités par les raffineries n’a été que de 3 % entre 2025 et 2026. C’est donc sans commune mesure avec l’explosion des profits et des prix. Même en considérant le cas particulier du diesel, plus dépendant des raffineries du Moyen-Orient, l’AIE parle d’une contraction du volume de raffinage inférieur à 6 %.

Il n’y a donc pas de réelle pénurie. En fait, les raffineurs profitent de leur position dominante pour amplifier celle-ci et pour s’approprier des marges considérables.

À cela s’ajoute la spéculation boursière. TotalEnergies, qui a aussi une division « trading », joue sur les deux tableaux.

Son PDG, Pouyanné, a affirmé avec cynisme : « Je préfère un monde bousculé à un monde paisible. » Mieux vaudrait surtout un monde où les Pouyanné soient vraiment bousculés au bas de leur trône.

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