TotalEnergies : le plein de profits12/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3015-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-05-12

Leur société

TotalEnergies : le plein de profits

Alors que TotalEnergies maintient sa politique de plafonnement des prix des carburants dans son réseau de stations-service, les autres distributeurs dénoncent ce qu’ils considèrent comme une concurrence déloyale.

Des exploitants indépendants expliquent ainsi que Total, en tant que raffineur, leur vend le carburant 2,10 euros le litre, alors que les stations TotalEnergies ont affiché 2,09 à la pompe pendant les ponts du mois de mai. Et Michel-Édouard Leclerc, comme d’autres représentants patronaux de la grande distribution, est venu pleurer dans les médias pour réclamer « des ristournes » à TotalEnergies.

Alors qu’aucune baisse de prix ne se profile, deux semaines après l’annonce de ses 5,8 milliards de profits au premier trimestre 2026, TotalEnergies joue sur plusieurs tableaux. Il s’agit pour le géant pétrolier d’un jeu politique vis-à-vis du gouvernement français, et aussi de faire passer la pilule de ses profits record en se posant en défenseur du pouvoir d’achat. Mais pour le groupe, qui dispose de 3 300 stations dans son réseau de distribution de carburant en France, c’est aussi une occasion d’augmenter sa part de marché. D’après Francis Pousse, de Mobilians, l’organisation patronale du secteur, la fréquentation des stations Total aurait ainsi augmenté de 20 à 40 %, tandis que celle des autres réseaux ou indépendants reculait dans les mêmes proportions.

Depuis mars, le ministre de l’Économie Lescure accusait les distributeurs, notamment la grande distribution, de gonfler leurs marges. Mais le rapport publié le 6 mai par son ministère conclut finalement que les marges brutes de distribution sont restées globalement stables malgré la guerre au Moyen-Orient. Et en effet les groupes de la grande distribution ou les indépendants achètent les carburants via leurs centrales d’achat ou filiales d’approvisionnement, auprès de raffineurs ou de négociants à des prix mondiaux dépendants des cours du pétrole. Les simples distributeurs sont donc eux aussi dépendants de Total et des autres grands groupes pétroliers et des prix qu’ils imposent.

Dans cette guerre économique, les plus puissants peuvent absorber les chocs, notamment en imposant leurs prix et gagner des parts de marché sur la ruine des autres. Les différents groupes peuvent en tout cas, à des degrés divers, répercuter la hausse des cours sur les consommateurs. En revanche, ceux-ci, et les travailleurs salariés en particulier, n’ont pas cette possibilité… sinon celle d’imposer à leur employeur une augmentation correspondante des salaires et leur indexation sur la hausse des prix.

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