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Brève
Mouvement des lycées
Mécontents !

Les lycéens sont mécontents, pour beaucoup de raisons ! Celles qui ont été le plus avancées concernent les conditions scolaires qui se dégradent et dont les élèves sont les premières victimes, locaux vétustes, manque de personnel, etc.
Mais il est évident que ces raisons, auxquelles les élèves sont d’ordinaire peu sensibles, ne sont pas les seules, ni même les principales. On pourrait ajouter d’autres raisons purement scolaires, comme les emplois du temps déséquilibrés, ou plus généralement, le laisser-aller général de l’administration indifférente ou impuissante devant le « bazar » qui s’installe.
Ça n’est cependant toujours pas le fond du problème. Déjà, les lycéens ressentent le mécontentement de leurs parents qui font face à des problèmes sociaux de plus en plus lourds : prix de l’essence, de l’énergie, de tout, alors que les salaires n’augmentent pas, et que les licenciements pleuvent et que les entreprises ferment.
Les angoisses de leurs parents amplifient celles des lycéens : ils savent que leur avenir est un cul-de-sac. Ils sont coincés par le chômage, par l’IA qui sert de prétexte à licencier, et par la seule perspective qu’on leur offre : s’engager dans l’armée et aller mourir pour défendre les frontières.
C’est là-dessus que tous les lycéens se retrouvent, une angoisse profonde face au délitement de la société et des liens humains, qui rendent l’avenir extrêmement sombre.
Alors oui, les lycéens sont mécontents, et ils ont montré qu’ils étaient une force sociale, car le mouvement a dépassé le cadre du lycée et en a imposé à tout le monde.
Et d’ailleurs, nombreux sont ceux qui se sont précipités sur le mouvement pour l’étouffer. Ceux qui cassent savent qu’ils décrédibilisent le mouvement. Parmi les policiers qui tapent sur les lycéens, certains se disent sûrement qu’ils peuvent y aller, car ils auront l’aval de la population. Enfin, divers groupes tentent d’orienter le mouvement vers des voies syndicales ou électorales, bien ancrées dans le système, et donc sans issue.
Alors les lycéens mécontents devraient se demander : « Qu’est-ce qu’on fait là ? On est nombreux, on a un mouvement collectif, qu’est-ce qu’on va en faire ? » S’ils veulent que le mouvement serve à quelque chose, c’est de leur responsabilité de se rassembler et de discuter de ce qu’ils veulent vraiment, eux. Puisqu’aujourd’hui les lycéens mécontents sont une force sociale, ils doivent décider de comment ils vont influencer l’avenir de la société.
S’affranchir de la routine conservatrice de cette société ne se trouve pas quand on est seul. Par contre, c’est possible collectivement. Si l’IA parvient à régler des problèmes de mathématiques ou même écrire des livres, l’humanité peut bien plus encore en coordonnant ses savoirs.