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- Lutte ouvrière n°3033
- Keolis – Ivry et Vitry : en grève contre les attaques
Dans les entreprises
Keolis – Ivry et Vitry
en grève contre les attaques
Deux jours de grève ont eu lieu chez Keolis, les 10 et 11 septembre, dans les dépôts de bus d’Ivry, de Vitry et du tramway T9. Des lignes de bus étaient carrément fermées.
La grève a éclaté un mois après le transfert de la RATP dans une filiale de Keolis, à l’appel des syndicats CGT et UNSA, Force ouvrière disant qu’il fallait laisser un temps d’adaptation à la nouvelle direction. Le mouvement a été bien suivi, à plus de 50 %, bien que la direction n’ait pas reconnu le préavis de grève déposé, menaçant les grévistes d’être mis en absence injustifiée pouvant amener des sanctions.
Il y avait pourtant du monde dès 5 heures du matin aux piquets de grève. À Ivry, des grévistes ont pris la parole pour dénoncer les trois jours de carence retirés sur le salaire en cas d’arrêt maladie, ou le changement des horaires en roulement qui fait perdre leur prime de nuit à certains travailleurs. La désorganisation aggrave les conditions de travail déjà mises à mal par la RATP. Il faudrait accepter de rouler avec un bus sans feux de stop ou sans clignotants.
Mais Keolis consacre plutôt son énergie à fliquer les travailleurs. Le port du gilet fluo orange, en plus de l’uniforme, dès qu’on quitte le poste de conduite, est désormais obligatoire et les chefs sermonnent ceux qui ne le portent pas, ce qui a exaspéré les travailleurs.
Au rassemblement devant le dépôt de Vitry, beaucoup d’élus locaux sont venus soutenir les grévistes, comme le maire de Vitry, des représentants des Verts, de LFI. S’ils dénoncent tous Pécresse et « l’ouverture à la concurrence » qu’elle a menée, c’est pour se présenter comme la solution, si une majorité de gauche parvenait à évincer Pécresse de la direction de la région et des transports. Or cette attaque a été depuis longtemps préparée, y compris avec Huchon le socialiste qui a précédé Pécresse. Et dans l’agglomération de Lyon, c’est la gauche qui a séparé le réseau bus du métro, avec les mêmes « appels d’offres ».
Le passage en filiales de tous les réseaux anciennement publics correspond en réalité à une politique générale. Ces filiales donnent la possibilité de revoir les contrats de travail à la baisse et surtout de créer la division entre des dépôts de bus qui étaient tous RATP.
Ces deux jours de grève réussis ont eu un large écho, encourageant les travailleurs des autres dépôts passés dans les filiales de RATP-CAP, Transdev, ATM, à penser qu’il est possible de s’opposer à cette attaque, en s’y mettant tous ensemble.