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Brève
RATP bus (Ile de france)
Ils filialisent pour mieux profiter

Depuis le 1er mai, une nouvelle étape a été franchie dans les attaques contre les travailleurs des bus de la RATP à Paris et en proche banlieue. Huit nouveaux dépôts de bus de la RATP (86 lignes, 7 000 salariés), ont été transférés vers des filiales privées : six à RATP Cap et deux à Transdev. Six autres dépôts avaient été transférés en 2025, et d’ici à la fin de l’année, tout le réseau de bus de la RATP et ses 19 000 travailleurs devraient être répartis dans douze « lots ».
Les dirigeants de la RATP, de la région ou de l’État, cherchent à rassurer les travailleurs en leur disant qu’ils ne vont rien y perdre. Ils promettent le maintien de la rémunération, mais comment les croire alors que depuis des années ils démolissent les conditions de travail et les salaires ? Dès 2023, la RATP a augmenté le temps de travail des conducteurs de bus de 50 minutes et supprimé six jours de repos. Les services en deux parties, les plus fatigants, se sont multipliés. Des services couvrant les heures de repas ont été créés et l’amplitude qui devait baisser à 11 heures a été maintenue à 13 heures.
Des lignes sont passées d’un dépôt à l’autre, au mépris de ceux qui y travaillaient. Plusieurs dizaines de travailleurs qui refusaient leur transfert ont été licenciés sans indemnités. Les nouveaux embauchés sont payés 300 euros de moins et on compte de plus en plus d’intérimaires. Entre salaires bas à l’embauche et conditions de travail difficiles, les démissions sont de plus en plus nombreuses.
De nouvelles attaques ont accompagné les premiers transferts en 2025 : passage d’un à trois du nombre de jours de carence en cas de maladie, limitation à trois semaines de congés en été au lieu de quatre, erreurs sur les décomptes de temps, remise en cause de convenances d’horaires, fin aux congés bonifiés pour les travailleurs originaires de l’outre-mer.
Patrons privés ou dirigeants publics prennent pour cibles les conditions de travail et les salaires, et il faudra que l’ensemble des travailleurs du transport s’organisent pour les en empêcher.