- Accueil
- Lutte ouvrière n°3014
- Banquets Stérin : un menu indigeste
Leur société
Banquets Stérin
un menu indigeste
« Des retrouvailles entre bons Français, enfin entre bons vivants, pardon », s’emmêle devant les caméras Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse, l’un des fondateurs du Canon français, pour décrire l’ambiance des banquets géants qu’il organise un peu partout en France.
Au côté d’un associé au nom fleurant tout autant la vieille noblesse, Géraud Fayet de la Tour, il défend ces banquets comme une façon de promouvoir la gastronomie et les traditions régionales, qui riment visiblement pour eux avec la multiplication des bouteilles de vin sur de grandes tablées et le port du béret basque.
De politique, il ne serait pas question dans ces banquets. D’ailleurs ces jeunes entrepreneurs qui se disent motivés par la seule envie de créer des emplois et de la convivialité, dénoncent la « campagne de harcèlement et de diffamation extrêmement violente » dont ils sont l’objet. Ils font allusion aux reportages de « certains médias loin d’être neutres », qui ont rapporté des injures racistes et des saluts nazis lancés par des participants à l’un de ces banquets organisé à Caen le 18 avril.
Ce Canon français s’inscrit dans une gamme d’événements estampillés « culturels » et « apolitiques » qui distillent et défendent les idées d’extrême droite, comme les spectacles du Puy-du-Fou. Le milliardaire catholique Pierre-Édouard Stérin, qui investit ouvertement une partie de sa fortune pour faire progresser ses idées d’extrême droite dans l’opinion, a d’ailleurs pris des parts dans cette entreprise de banquets 100 % franchouillards. Promus par des défenseurs pareils, les produits du terroir ont de quoi retourner l’estomac.