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Municipales 2026
Beauvais (Oise)
«Le camp des travailleurs, c'est nous»

Toujours déterminée pour sa 5e campagne, la factrice retraitée part accompagnée de plusieurs jeunes, parfois des enfants de militants historiques.
par Raphaël Thiollier
Accompagnée dans sa 5e campagne par des enfants de militants historiques, Renée Potchtovik (Lutte ouvrière) veut défendre «le camp des travailleurs», nom qu'elle a donné à sa liste.
A 65 ans, René Pochtovik s'apprête à vivre sa cinquième élection municipale à Beauvais. Candidate sans interruption depuis 2001, la factrice retraitée repart en campagne avec une conviction intacte : «celle que le monde du travail doit reprendre la main sur ses propres conditions de vie».
La candidate ancre son discours, notamment sur «le quotidien difficile des travailleurs précaires». «Il ne devrait plus y avoir de personnes qui travaillent sans pouvoir vivre dignement de leur salaire », martèle-t-elle. Pour elle, la précarité, le chômage ou encore le fait d'être sans-abris n'est pas «une fatalité, «mais les conséquences d'un système «où les travailleurs restent " la variable d'ajustement "».
Si elle reconnaît que ses idées dépassent le cadre municipal, René Pochtovik estime néanmoins que les communes ont un rôle politique à jouer, notamment dans l'utilisation de l'argent public. Elle prend l'exemple du pont dit d'AGCO, «financé intégralement par des fonds publics, sans que les promesses d'embauches associées n'aient été tenues». «On socialise les coûts, mais pas les bénéfices », dénonce-t-elle, pointant également les suppressions d'emplois dans de grands groupes industriels ou dans les services publics, comme à La Poste ou à l'hôpital. La candidate insiste aussi sur l'accueil des migrants, qu'elle juge «indigne à Beauvais faute de logements et de structures adaptées».
Côté équipe, Renée Pochtovik repart avec une liste qu'elle dit " rajeunie ". Aux côtés de militants historiques figurent désormais quelques jeunes de 18 à 19 ans, «parfois des enfants de camarades de longue date». La liste rassemble ainsi des colistiers âgés de 18 à 65 ans.
Interrogée sur ses résultats passés — autour de 2 %— la candidate ne nourrit pas vraiment d'illusion d'élection. Son objectif est de faire entendre «une voix politique distincte». «Si je suis élue, ma priorité sera d'ouvrir grand les portes de la mairie aux travailleurs, aux chômeurs, aux jeunes, aux retraités, à tous ceux qui défendent leur peau dans les entreprises », affirme-t-elle, sans promettre de solution miracle. «Je veux juste faire prendre conscience à ceux qui font tout fonctionner dans cette société que ce sont eux aussi qui peuvent la transformer ».
Communiste révolutionnaire depuis 1992, René Pochtovik assume le choix de partir une nouvelle fois seule, sans chercher une quelconque alliance avec la gauche. «Nous sommes les seuls à défendre clairement le camp des travailleurs », estime-t-elle. En cas de second tour, elle se refusera à donner une consigne automatique, tout en réaffirmant son opposition totale à la droite et à l'extrême droite. Le 7 mars, à partir de 15 h, LO tiendra son grand meeting au Sabl'ier. (R.TH).
Voici la liste des colistiers par ordre alphabétique : Lydie Alphonse, Daniel Allard, Patrick Allu, Virginie Choron, Cassandra Coutard, Chely Coutard, Gaëtan Coutard, Maeva Coutard, Sherley Coutard, Paula Delannoy, Christine Delroix, Philippe Dhalem, Philippe Feigueux, Jonathan Fleuret, Jean-Michel Fourmental, Heidi Fauville, Roger Freville, Geuwenn Grandé, Murielle Gougaut, Sonia Guillemant, Jacqueline Hepiègne, Marc Hepiègne, Pascal Hugo, Alain Lemaire, Léone Lesieur, Philippe Mallard, Marie-Jeanne Maillard, Martine Maguet, Christelle Mercier, Corinne Mercier, Simon Mercier, Mireille Moisson, Boris Olagniér, Alexis Olagniér, Mylène Olagniér, Franck Pascal, Renée Potchtovik, Philippe Putey, Emmanuel Rémia, Angélina Ristori, Solenne Robin, Jean-Claude Roy, Louise Sanchez, Fabien Szczyszek, à désigner.
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