Article de presse
Article de Christophe Jacquet le 10/12/2025 à 11h37
Municipales 2026. Lutte ouvrière a choisi le même candidat qu’avant à Caen pour incarner « la révolte »

Pierre Casevitz est candidat pour la 5e fois aux élections municipales à Caen. Il compte faire de la mairie une tribune pour dénoncer « ceux qui dilapident l’argent public ».
À 54 ans, Pierre Casevitz livre encore bataille à Caen (Calvados). L’enseignant-chercheur en mathématiques à l’Université est candidat pour la 5e fois aux élections municipales dans la cité ducale.
Avec Isabelle Peltre, déjà présente à ses côtés lors du précédent scrutin de mars 2020, il mène à nouveau la liste de Lutte ouvrière, au mot d’ordre inchangé d’élection en élection, puisqu’il s’agit de « faire entendre la voix des travailleurs ».
« Une candidature de révolte »
Lors du premier tour en 2020, sa précédente liste avait été créditée de 1,12 % des voix. Pour autant, Pierre Casevitz réfute porter une candidature de « témoignage » : « Nous portons une candidature de révolte. En parlant toujours du point de vue des travailleurs, de leurs intérêts. Il y en a marre d’entendre dire qu’ils ne bossent pas assez, qu’ils doivent obéir tout le temps. Alors qu’ils font tout tourner. »
Avec cette candidature Lutte ouvrière, s’ajoute une 5e liste à gauche pour les municipales à Caen, après celles de Rudy L’Orphelin (union Verts/PS/PCF), Xavier Le Coutour (Citoyens à Caen), Antoine Casini (divers gauche) et Aurélien Guidi (LFI et Génération. s).
Selon Pierre Casevitz, « aucune de ces listes ne s’inscrit dans la perspective de défendre les travailleurs », de servir de porte-voix à leur colère, manifeste lors du mouvement Bloquons tout en septembre.
"Ils veulent juste gérer le système autrement. Ils se condamnent à l’impuissance. Le vrai pouvoir, c’est celui de l’argent, qui dépasse les municipalités."
Lui se sentirait « gêné d’annoncer de grands projets pour chaque quartier, alors qu’il y a des enjeux plus importants. Ce que nous allons affronter dépasse le problème des transports publics un peu moins chers ».
À Caen, Lutte ouvrière veut « en appeler à la population »
S’il était élu maire de Caen, Pierre Casevitz ferait de la municipalité une tribune. « Je dénoncerais des choix qui dépassent la mairie, qu’on n’a pas envie d’assumer. » Comment ? « Je publierais les contrats » liant la Ville et les entreprises « en toute transparence », par exemple. « On présentera la facture à ceux qui dilapident l’argent public. »
Pierre Casevitz l’ajoute : « Je serais en opposition aux décisions venues d’en haut, de l’État, des grands patrons et j’en appellerais à la population. Ça change quand les gens interviennent eux-mêmes. »
« Nous n’avons pas une liste de notables »
Dans le paysage politique local, c’est sûr, Lutte ouvrière « détonne ». Isabelle Peltre, professeure de maths au lycée Salvador Allende à Hérouville Saint-Clair, l’affirme : « Nous ne faisons pas de promesse, nous ne sommes pas des professionnels de la politique. »
Selon elle, Lutte ouvrière « représente quand même une partie de la population ». Qui ne se sent « pas légitime » à figurer sur une liste électorale. « Nous n’avons pas une liste de notables. Il nous faut convaincre des travailleurs, des retraités, des étudiants. Notre candidature fait partie d’un tout national. » En Normandie, en plus de Caen, de Dieppe ou du Havre, Lutte ouvrière va, pour la première fois, avoir une liste à Hérouville Saint-Clair, à Flers ou à Rives-d’Andaine (Orne).
Pour Pierre Casevitz, « si la colère [exprimée dans les urnes] est suffisante, la mairie de Caen sera un point d’appui pour entraîner les autres à changer les choses ». À partir de là, « on sera prêts à agir, on pourra réclamer des comptes aux entreprises, aux décideurs et leur demander pourquoi on manque autant de moyens » pour les services publics, les industries ou les retraites.
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